Khady Fall: la voix d’une femme qui a choisi de se réinventer

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Communicante, créatrice de contenu, professionnelle de la voix et maman de deux enfants, Khady Fall, connue sous le nom de Khadija Shares, a construit son parcours autour d’une conviction: la voix peut créer du lien, transmettre des histoires et, parfois, aider à se reconstruire. Sept ans après son retour du Canada, elle revient sur les débuts difficiles, les réseaux sociaux comme espace d’expression, son parcours autodidacte dans la voix off et sa volonté de transmettre aux jeunes et aux femmes.

Repartir de zéro pour mieux se réinventer

Sept ans après avoir quitté le Canada, Khady Fall regarde son parcours avec le recul d’une femme qui a dû apprendre à recommencer. Après plusieurs années passées à l’étranger, son retour au Sénégal marque une nouvelle étape: « J’ai vécu plusieurs années hors du Sénégal et je suis revenue, j’ai repris tout à zéro. » Dans cette période de reconstruction, elle découvre les réseaux sociaux et commence à créer des vidéos en 2017. Ce qui commence presque comme une démarche personnelle devient progressivement un véritable espace d’expression. « En réalité, c’était comme une thérapie pour moi », explique-t-elle. Elle y trouve une manière de communiquer, de partager ses réflexions et de mettre des mots sur des réalités que beaucoup vivent sans nécessairement les exprimer.

Très vite, ses contenus commencent à toucher son public. Elle parle notamment de dépression postpartum, d’éducation des enfants et de santé mentale, des sujets qui lui valent des messages et des remerciements. « Je recevais des remerciements de partout pour avoir dit tout haut ce que beaucoup pensent. » Cette réaction lui montre alors que ce qu’elle partage dépasse le simple cadre de la création de contenu : ses mots créent une connexion avec ceux qui la regardent.

Ses enfants, une raison de ne pas abandonner

Derrière cette période de reconstruction se trouve également une motivation profondément personnelle : ses enfants. Khady, maman de deux enfants, raconte que ce sont eux qui l’ont le plus poussée à continuer lorsque les débuts devenaient difficiles. « Oui, le début était très difficile, mais à chaque fois que je rentrais à la maison et que je voyais mes enfants, contents et heureux, c’est [ce qui] me motivait à persévérer dans ce que je sais faire, communiquer. » Elle ne pouvait tout simplement pas baisser les bras.

Cette détermination accompagne également ses premiers pas dans la voix off, une activité qui deviendra progressivement son activité principale. Son parcours dans cet univers est celui d’une autodidacte, une expérience qui nourrit aujourd’hui son envie de transmettre à ceux qui souhaitent suivre le même chemin.

Donner à la voix off la place d’un véritable métier

Si la voix off occupe aujourd’hui une place centrale dans son activité, Khady constate que le métier reste encore entouré de nombreuses idées reçues. Selon elle, certains pensent qu’il faut nécessairement avoir une belle voix pour exercer, que le milieu est fermé et réservé à une élite, ou encore que la voix off ne constitue pas un véritable travail.

Pour Khady, cette perception doit évoluer. Elle estime qu’il faut davantage valoriser les métiers de la création et de la communication, trop souvent considérés comme secondaires. « Ce sont de vrais métiers qui demandent du talent, du travail et de la professionnalisation », affirme-t-elle. À ses yeux, il reste encore beaucoup à faire pour changer cette perception et permettre à ces professions d’être davantage reconnues.

Cette évolution concerne aussi la formation. Au Sénégal, Khady souligne l’absence d’une école dédiée à la voix off. Elle-même autodidacte, elle souhaite aujourd’hui que les jeunes puissent bénéficier de son expérience. C’est dans cette volonté de transmission qu’elle prépare un atelier de voix prévu en septembre 2026 : trois jours de formation avec trois autres professionnels de la voix. Une initiative qui s’inscrit dans une dynamique plus large, alors qu’elle observe une jeunesse de plus en plus intéressée par ce métier.

Elle reste d’ailleurs optimiste pour la relève. Les réseaux sociaux offrent aujourd’hui aux jeunes davantage de possibilités pour découvrir le métier, apprendre et se former. Mais elle espère qu’à l’avenir, de véritables écoles et structures de formation dédiées à la voix pourront également voir le jour.

Une voix pour celles qui cherchent à se reconstruire

La transmission que Khady souhaite porter dépasse toutefois le cadre professionnel. Une partie importante de son engagement concerne les mamans solos et les jeunes filles. Étant elle-même maman solo, elle a créé une page pour parler de cette réalité et partager des expériences. Elle souhaite notamment s’adresser à ces femmes qui peuvent se sentir découragées après une séparation ou lorsqu’elles doivent élever leurs enfants seules, notamment lorsque la société leur renvoie l’idée qu’une telle situation signifie que leur vie est terminée.

Son message est tout autre :

Quelle que soit la situation dans laquelle on se trouve, on peut se relever et se reconstruire.

Pour elle, le chemin n’est pas toujours facile, mais une situation difficile ne signifie pas nécessairement la fin des ambitions. Il est possible de retrouver sa confiance, ses ambitions et sa place.

C’est précisément cette conversation qu’elle souhaite approfondir avec un projet d’émission actuellement en développement autour de ces sujets. Là encore, il s’agit de créer un espace où les expériences peuvent être partagées et où les femmes et les jeunes filles peuvent se reconnaître dans des histoires qui leur ressemblent.

De la création à la transmission

Le parcours de Khady Fall est finalement celui d’une femme qui a appris à transformer les recommencements en nouvelles possibilités. Après avoir repris sa vie à zéro au Sénégal, elle a découvert dans la création de contenu un espace d’expression, puis développé une activité autour de la voix, de la communication et de la création.

Aujourd’hui, elle souhaite aller plus loin: transmettre son expérience aux jeunes qui veulent découvrir la voix off, contribuer à faire évoluer la perception des métiers créatifs et porter une voix auprès des mamans solos et des jeunes filles. Plusieurs projets prennent forme dans cette direction, de l’atelier de septembre 2026 au projet d’émission qu’elle développe actuellement.

Son parcours porte ainsi un message qui dépasse largement la question du métier. Il parle de reconstruction, de persévérance et de la possibilité de retrouver sa place après avoir dû tout recommencer. Une conviction qui semble résumer aussi bien son histoire que ce qu’elle souhaite désormais transmettre aux autres: on peut toujours se relever, se reconstruire et continuer à avancer.

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